Woodkid, le golden boy

Concert Le chanteur, musicien et réalisateur caladois sera sur la scène de la Halle Tony Garnier de Lyon le 21 février, en soutien de son premier album studio The Golden Age . Zoom sur un artiste qui transforme tout en or.

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Publié le 06 février 2014 à 03h03

Artiste complet, Woodkid est en tournée en France jusqu’en mars.? © Photo Vicken Karkoukli

Daft Punk, le DJ Cédric Gervais, les Gipsy Kings : les Français ont fait sensation et ont raflé des trophées prestigieux cette année lors des Grammy Awards le 26 janvier à Los Angeles, sans doute la cérémonie de récompenses musicales la plus importante au monde.

De son vrai nom Yoann Lemoine

Mais parmi les nominés de l'an passé, il est un français qui a continué d'entretenir un buzz discret pendant toute l'année 2013. Grâce à son premier album studio The Golden Age , le Caladois Woodkid, également connu sous son vrai nom Yoann Lemoine, a imposé une musique électro pop orchestrale et majestueuse qui a suscité un engouement immédiat.

L'opus s'est hissé à la deuxième place des ventes en France la semaine de sa sortie, et continue d'être porté sur scène par l'artiste dans le cadre de la tournée du même nom. « Un disque d'une ambition incroyable, qui pousse encore plus loin et plus vite la course du jeune Français que l'Amérique s'arrache déjà », annonçait fin 2013 sa maison de disque concernant l'album certifié platine.

Sans mentir, puisqu'avant de s'illustrer en chanson, Woodkid s'était déjà exporté outre-Atlantique, et avait réalisé plusieurs clips vidéo, dont Teenage Dream pour Katy Perry, numéro un aux États-Unis, vu pas moins de 150 millions de fois sur YouTube. En France, il avait mis en image Faut-il, Faut-il pas ? pour Nolwenn Leroy. Parmi ses autres collaborations prestigieuses, Lana Del Rey et Rihanna.

Selon son label, les « fondamentaux » de la musique de Woodkid sont : percussions, cordes, cuivres, piano, programmation. « Je viens des ordinateurs. J'ai une approche mathématique de l'image et du son et je me demandais si on peut trouver de l'émotion là-dedans », expliquait le chanteur concernant son travail lors d'une table ronde organisée fin janvier à Saint-Étienne dans le cadre du festival Nouveau Siècle. Une explication qui donne encore plus de sens à cette musique autant électronique qu'orchestrale sans pour autant être inaccessible, et qui constitue l'identité de l'album The Golden Age .

Son côté pop, Woodkid le justifie aussi, alors que ses influences se situent ailleurs, dans le classique notamment. « Quand on est artiste, on doit se poser une question de l'endroit où on se pose par rapport au système. Veut-on le rejeter, s'amuser un peu avec, ou le prendre à bras-le-corps ? J'ai choisi de faire de la pop music à laquelle l'oreille occidentale est habituée », assumait-il.

Celui qui a travaillé dans le monde de l'animation, pour le studio de Luc Besson notamment, évoquait aussi son éducation musicale. « Ma famille n'écoutait rien d'un peu sophistiqué. J'ai grandi dans la pop music. C'est difficile d'échapper à ça mais j'essaie de sortir un peu de ça quand je compose », indiquait-il.

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Son album, Woodkid l'a composé comme une histoire allant de la naissance à la mort, celle d'un petit être de bois, d'où le nom de Woodkid.

Installé à New York, ou plus exactement à Brooklyn, Yoann Lemoine a fait part de son amour pour ce quartier de la Grosse-Pomme dans sa chanson « My heart belongs to Brooklyn » (Mon c'ur appartient à Brooklyn). « Je crois qu'on cherche toujours quelque chose d'exotique quand on va s'installer ailleurs, expliquait-il. New York étant ce melting-pot, j'y ai trouvé cet exotisme », analyse-t-il de son choix de vie.

Artiste complet, Woodkid réalise lui-même ses clips vidéo. C'est celui de Run boy run qui lui avait valu une nomination aux Grammys dans la catégorie de clip de l'année en 2013. Cette année, c'est celui du titre I love you qui est en lice dans la même catégorie, en France, aux Victoires de la musique.

Une victoire semble difficile puisque face à lui, on trouve deux clips de Stromae, Papaoutai et Formidable.

Reste que pour le Caladois, « on ne peut pas considérer la musique sans l'image. C'est indissociable. Il y a des contre-exemples, mais c'est de plus en plus rare ». Ou pour ainsi dire exceptionnel, à l'heure où le nombre de visionnages en ligne fait le succès des chansons.

Originaire de Villefranche-sur-Saône, Woodkid vit aujourd'hui à Brooklyn

Le 22 novembre dernier, Woodkid a enflammé le festival des Nouvelles Voix de Villefranche-sur-Saône. Le retour de l'enfant du pays a créé un engouement sans précédent autour de l'événement, et Yoann Lemoine, qui a étudié au lycée Notre-Dame de Mongré, a fait part de son plaisir d'être de retour sur une scène qui l'avait déjà accueilli. Depuis, Woodkid a mené sa tournée au Portugal, en Roumanie, en Russie et Pologne, dont une partie de sa famille est originaire. De retour en France, il l'achèvera à la Réunion début mars.
En attendant, il foulera la scène de la Halle Tony Garnier le 21 février, pour un show électrisant d'énergie et d'émotion, à ne surtout pas rater.

Vicken Karkoukli
vicken.karkoukli@centrefrance.com

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