-
[1]
Chateaubriand 1978, p. 881. Voir Gregori 2010.
-
[2]
Settis 2003, et Settis 2011, p. 717-740 ; Barbanera 2009.
-
[3]
Bradley 2002 ; Cassen 2009 ; Hadad 2017. Sur les rapports entre conscience monumentale et destruction, voir Engels, Martens et Wilkin 2013, p. 9-39, « Pratiques et discours de la destruction, quelques réflexions introductives », et l’étonnant ouvrage de Jouannais 2012, fantaisie rationnelle qui explore l’expérience intime des ruines de la Mésopotamie au présent.
-
[4]
Sur ces termes, voir Rojas 2017, p. 8-31.
-
[5]
Chateaubriand 1976, p. 250. Sur les langues comme vestiges, voir Olender (1989) 2002 et Olender 2000.
-
[6]
Chateaubriand 1969, p. 1143. Leniaud 2002 souligne le rapport entre sépulture et mémoire chez Chateaubriand, p. 20-21. Sur la tension entre mémoire, histoire et lieux, voir la préface de Nora 1997, p. 23-43. Et les remarques de Späth 2016.
-
[7]
Chateaubriand 1969, p. 769.
-
[8]
Diderot 1995, p. 365. Voir ici même, chap. vii, p. 632.
-
[9]
Voir chap. vii, p. 635. 2000, p. 536-592.
-
[10]
Diderot 1995, p. 337-338.
-
[11]
Chateaubriand 1978, p. 882 ; Clément 2007, p. 179-189.
-
[12]
Diderot 1995, p. 339. Voir l’introduction de J. Hell, in Hell et Schönle 2010, p. 8.
-
[13]
Chateaubriand 1978, p. 883.
-
[14]
Fournet 2007, p. 22 à 32.
-
[15]
Sainson 2005, p. 47-63.
-
[16]
Buffon 1828, p. 426.
-
[17]
Ibid., p. 446.
-
[18]
Chateaubriand 1978, p. 547 ; commenté par Sainson 2005, p. 59-60. Dans son Essai sur les révolutions anciennes et modernes de 1797 ibid., p. 12), Chateaubriand se réfère explicitement à Buffon et note : « Il est certain que le premier coup d’œil qu’on jette sur l’histoire des hommes suffirait pour nous convaincre que notre courte chronologie en remplit à peine la dernière feuille, si les monuments de la nature ne démontroient cette vérité au-delà de toute contradiction. »
-
[19]
Le mot « décombres » est très ambigu, voir les remarques incisives de Jouannais 2014.
-
[20]
Chateaubriand 1978, p. 547. Sur la méthode de Chateaubriand, voir Hartog 2003, p. 79-101.
-
[21]
Lamarck 1802, p. 89.
-
[22]
Chateaubriand 1978, p. 546-547.
-
[23]
Sainson 2005, p. 59.
-
[24]
Je me concentre sur ces auteurs qui se sont confrontés directement aux relations entre la poétique et la matérialité des ruines. On trouvera une synthèse de l’histoire de la notion des ruines des Lumières au présent dans l’ouvrage de Lacroix 2007, et dans celui de Ginsberg 2004. Voir aussi Roth et al. 1997, Settis 2003 et Hell et Schönle 2009.
-
[25]
Settis 1986b.
-
[26]
Lopez Lujân 2017.
-
[27]
Pogue-Harrison 2003, préface p. x.
-
[28]
Simmel 2002. Paul Zucker 1961 propose de voir dans les ruines un « hybride esthétique ».
-
[29]
Simmel 2002, p. 48.
-
[30]
Ibid.
-
[31]
Ibid., p. 49-50.
-
[32]
Ibid., p. 55.
-
[33]
Ibid., p. 50.
-
[34]
« Thaprom sous la végétation et les arbres dans une atmosphère de décomposition et de fièvre. Les énormes fromagers blancs digérant la pierre encastrée dans leur anastomose, cette racine qui couvre et enserre tout un portique et vient prendre la place d’un des piliers », in Claudel 1968.
-
[35]
Simmel 2002, p. 51.
-
[36]
Ibid., p. 50 : « dans la mesure où on remarque en elles la destruction par les hommes, l’opposition entre l’œuvre humaine et celle de la nature, sur laquelle repose la signification de la ruine en tant que ruine, se trouve contredite ».
-
[37]
Ibid., p. 54. Voir la critique de Raulet 1996, p. 179-182.
-
[38]
Les ruines telles que les définit Simmel sont en gros celles de l’Occident. Tout un courant d’étude s’emploie aujourd’hui à explorer les ruines de la fin des empires et des États coloniaux dans leur contexte contemporain, voir Stoler 2013 et Gordillo 2014.
-
[39]
Péret 1939. Sur l’histoire des formes de la mémoire, voir Aleida Assmann 2010.
-
[40]
Ibid., p. 57.
-
[41]
Ibid.
-
[42]
Ibid., p. 59. Alfred Jarry prête au père Ubu cette réflexion : « Cornegidouille, nous n’avons point tout démoli si nous ne démolissons même les ruines », Jarry 1972, I, p. 427, cité par Egana et Schefer 2015, p. 11.
-
[43]
Ibid.
-
[44]
Ibid.
-
[45]
Ibid., p. 62. Péret retrouve là C. N. Cochin et P. S. Mercier, voir ici même, chap. vii, p. 638.
-
[46]
Les ruines postcoloniales peuvent entrer sans difficulté dans l’approche de Péret, voir Stoler 2013, « Imperial Debris by othernames », p. 17-24.
-
[47]
Voir chap. ii, p. 121.
-
[48]
Péret 1939.
-
[49]
Sur le fragment et la ruine, voir Harbison 2015.
-
[50]
Voir Assmann 1995, p. 173-174.
-
[51]
Horace, Odes, III, 30, voir ici même, chap. ii, p. 136.
-
[52]
Assmann 2002, p. 151-163.
-
[53]
Je suis la version Scholem attribuée à S. Agnon, p. 368, qui est une sorte d’interprétation mémorielle du récit. Le texte original de ce conte se trouve dans un recueil intitulé Kenesset Israel, Varsovie, 1906, fol. 12 A. Il diffère de l’interprétation de Scholem sur trois points. Dans le texte hébraïque, le Baal Shem tov allume une bougie dans la forêt et non un feu quelconque, son successeur se contente de se comporter comme son prédécesseur, mais sans dire les prières, et le troisième résume l’histoire et obtient la grâce. Je remercie M. Amit d’avoir vérifié ce point en consultant le texte souligné par Scholem lui-même dans sa bibliothèque. Idel 1988 en donne une traduction littérale p. 270-271. Assaf 2002 en offre aussi une version, p. 331.
-
[54]
Yerushalmi 2008, p. 21.
-
[55]
Voir chap. i, p. 53.
-
[56]
Voir chap. iv, p. 279.
-
[57]
(Beowulf 2000, p. 153, v. 2248-2249.
-
[58]
Horace, Épîtres, VI, « À Numicius ».
-
[59]
Davidson 2004, p. 211.
-
[60]
Ibid., p. 210, d’après « l’hagiographie de Copper Island de Padmasambhava » par Nyang-rel (xiie siècle).
-
[61]
Ibid., p. 230.
-
[62]
Dargyay 1977.
-
[63]
Luria 1995 (le texte intitulé « Une prodigieuse mémoire » constitue la seconde partie de l’ouvrage).
-
[64]
Ibid., p. 203. Voir aussi Forty et Küchler 1999.
-
[65]
Voir chap. ii, p. 117.
-
[66]
Luria 1995, p. 240.
-
[67]
Ibid., p. 241.
-
[68]
Weinrich 2005, p. 136-137.
-
[69]
Luria 1995, p. 243.
-
[70]
Cicéron, De l’orateur, II, lxxxvi.
-
[71]
Borges 1993, p. 514. Ce texte a suscité d’innombrables commentaires, voir Zonana 2006.
-
[72]
Borges 1993, p. 517.
-
[73]
Ibid., p. 585.
-
[74]
Gonzâlez-Ruibal 2017.
-
[75]
Horace, Odes, III, 30 ; voir ici même, chap. ii, p. 137, et Zonana 2006, p. 223.
-
[76]
Horace, Odes, III, 30, 7.
-
[77]
Baroin 2010, p. 35-36.
-
[78]
Voir ici même, introduction, p. 20.
-
[79]
Halbwachs 1950, voir ce qu’en dit Ricoeur 2000, p. 145-151.
-
[80]
« [la mémoire des lieux] s’appuie tout entière sur le plus précis de la trace, le plus matériel du vestige, le plus concret de l’enregistrement, le plus visible de l’image », Nora 1997, p. 30.
-
[81]
Didi-Huberman 2008, p. 76-88.
-
[82]
Greisch 2003, p. 99, sur le vocabulaire des ruines, voir la réflexion de Leygonie 2015, p. 221-226.
-
[83]
Ginzburg 1989.
-
[84]
Greisch 2003, p. 99.
-
[85]
Hui 2016, « au Moyen Age le sens de vestigia passa des traces du passé à celui de trace de dieu », p. 92. Au Moyen-Orient comme en Chine, les traces sont aussi bien une marque des dieux que le résultat de l’action du temps sur les choses.
-
[86]
Nora 1997, p. 31, et Hui 2016, « The Traceless Etymon », p. 91-93.
-
[87]
Leroi-Gourhan 1965a, p. 35.
-
[88]
Leroi-Gourhan 1965b, p. 212-215.
-
[89]
Pomian 1987, p. 15-59.
-
[90]
Joulian 2012.
-
[91]
Voir chap. i, p. 53, et chap. iii, p. 217.
-
[92]
Hadad 2017, et Notroff et al. 2014. Sur la signification des destructions intentionnelles des maisons dans le monde néolithique, voir Tringham 2013.
-
[93]
Je suis ici la réflexion originale de Hadad 2017, p. 26-28. Sur le rôle de la destruction dans l’histoire, voir Engels et al. 2013, et Driessen 2013.
-
[94]
Bradley 2002. Voir Aussi Van Dyke et Alcock 2003, en particulier p. 1-35, et Lillios et Tsamis 2010.
-
[95]
Bradley 2002, p. 89-92.
-
[96]
Ibid., p. 82-85, et ici même, conclusion, p. 654.
-
[97]
Voir l’introduction d’Osborne 2014.
-
[98]
Voir le travail de Cassen 2009.
-
[99]
Parker Pearson et Ramilisonina 1998.
-
[100]
Ibid., p. 313.
-
[101]
Thomas 2000. Sur l’histoire sans texte en Occident, voir le recueil Regazzoni 2019.
-
[102]
Holtorf 2000-2005, et aussi Holtorf 2005.
-
[103]
Voir ici même, chap. i, p. 64 ; chap. iii, p. 199, et chap. iv, p. 291.
-
[104]
Voir ici même, chap. vi, p. 534, et Lopez Lujân 2002.
-
[105]
Charleton 1725.
-
[106]
Al-Gâhiz (Al-Jahiz) 2015, 1, 42.
-
[107]
Voir ici même, introduction, p. 17.
-
[108]
Sur les usages de la monumentalité, voir Wu 1995, et Osborne, « Monuments and Mentality », in Osborne 2014, p. 1-22. Et les réflexions de Herwitz 2010 sur le refus des monuments commémoratifs en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid.
-
[109]
Charleton 1725, voir chap. vii, p. 595.
-
[110]
Garanger 1976.
-
[111]
Conte et Dennison 2010, et Molle 2014.
-
[112]
Conte et Dennison 2010, p. 9, voir aussi Conte 1996.
-
[113]
Conte et Dennison 2010, p. 129.
-
[114]
Bollig 2000.
-
[115]
Voir ce qu’en dit très justement Klaus E. Müller, in Assmann et Müller 2005, p. 48-50.
-
[116]
Vansina 1985, p. 45-46.
-
[117]
Frobenius 1924, p. 22.
-
[118]
Ibid., p. 23.
-
[119]
Huizinga 1936, p. 9. Sur l’universalité du concept d’histoire, voir l’essai d’Inglebert 2014. Certaines sociétés entendent explicitement nier le passé, voir Gonzâlez-Ruibal 2017, p. 38-43.
-
[120]
Heckscher 1936, p. 4.
-
[121]
Ibid., p. 5.
-
[122]
Schoell-Glass et Sears 2008, p. 53-54.
-
[123]
Riegl 2013, p. 50 (1re édition 1903). Sur la conception des monuments chez Riegl, voir Forster 1982.
-
[124]
Voir Wu 2010, et ici même, chap. iii, p. 243.
-
[125]
Leys 1998, p. 742, et ici même, chap. iii, p. 226.
-
[126]
Cluzel 2008.
-
[127]
Le refus de l’historicité, voire sa négation, peut être une stratégie politique et culturelle. Gonzâlez-Ruibal 2017 en donne plusieurs exemples pour ce qui concerne des populations de la frontière soudano-éthiopienne, p. 11-48.
-
[128]
Voir introduction, p. 15.
-
[129]
Voir ici même, introduction, p. 10.
-
[130]
Le travail de Gordillo 2012 propose une typologie du rapport aux vestiges et aux décombres dans le Chaco argentin, qui prend en compte la variabilité sociale de la définition de ce que les populations acceptent ou refusent comme leur passé. Un autre exemple de mémoire longue et contestée est étudié par Beasley-Murray 2010 à partir du site inca de Vilcashuaman au Pérou.
-
[131]
Ginzburg 1989 : « le geste le plus ancien de l’histoire intellectuelle du genre humain, celui du chasseur accroupi dans la boue qui scrute les traces de la proie », p. 151.
-
[132]
Debray 1999, p. 43.
-
[133]
Strehlow 1947, cité et traduit par Lévi-Strauss 1962, p. 322-323.
-
[134]
Debray 1999, p. 37.
-
[135]
Leroi-Gourhan 1965a, ici même p. 25.
-
[136]
Voir la traduction française de ses essais, Jackson 2005.
-
[137]
Hoskins 1993.
-
[138]
Voir ici même, chap. ii, p. 146, la collection du sanctuaire de Lindos.
-
[139]
Hoskins 1993, p. 119, et Müller 2005, p. 51-52.
-
[140]
Gonzâlez-Ruibal 2017 étudie un cas inverse des Kodi, celui d’une collection qui entend abolir le temps chez les Busase, p. 41-42.
-
[141]
Voir le tableau donné par Müller 2005, p. 48-52, et la notion de « mémoire muséale ».
-
[142]
Lévi-Strauss 1962, p. 315-316.
-
[143]
Ibid., p. 316.
-
[144]
Voir chap. ii, p. 153.
-
[145]
Lévi-Strauss 1962, p. 320.
-
[146]
Küchler 1987 et Küchler 1988.
-
[147]
Küchler 1987, p. 240.
-
[148]
Küchler 1988, p. 631.
-
[149]
Küchler 1993.
-
[150]
Argenti 1994.
-
[151]
Küchler, in Forthy et Küchler 1999, p. 53.
-
[152]
Riegl 2013, p. 85.
-
[153]
Voir chap. ii, p. 143.
-
[154]
Rykwert 2017, p. 199.
-
[155]
Voir chap. iii, p. 246, et ibid., p. 199-204.
-
[156]
Voir chap. iii, p. 244.
-
[157]
Menon 1994.
-
[158]
Voir chap. iii, p. 246.
-
[159]
Vegas et Mileto 2010, p. 24-35.
-
[160]
Voir pour la Renaissance européenne les réflexions de Nagel et Wood 2010, p. 7-9.
-
[161]
Rykwert 2017, p. 179.
-
[162]
Vegas et Mileto 2010, p. 31.
-
[163]
Malamoud 2002.
-
[164]
Ibid., p. 1152.
-
[165]
Ibid., p. 1154.
-
[166]
Thapar, 2013, et Narayana Rao et al., 2004.
-
[167]
Malamoud 2002, p. 1159.
-
[168]
Ibid., p. 1161.
-
[169]
Malamoud 1989 : « par cœur, note sur le jeu de l’amour et de la mémoire dans la poésie de l’Inde ancienne », p. 295306.
-
[170]
Ibid., p. 304.
-
[171]
Falk 1981.
-
[172]
Pollock 2006, p. 134-161 ; Kavuri-Bauer 2011, p. 19-48.
-
[173]
Voir ici même, chap. ii, p. 133.
-
[174]
Zoetmulder 1974, p. 15, et p. 13-14. Je dois cette référence à Tom et Aryati Hunter. On peut comparer cette poésie du temps qui passe à la dépossession qui frappe les habitants de Jetprole dans l’Andra Pradesh, chassés de leurs terres par la construction d’une digue, Rao 2013.
-
[175]
Voir chap. ii, p. 136, et chap. iii, p. 199.
-
[176]
Pollock 2006, p. 239 ; Thapar 2013, p. 340-342.
-
[177]
Voir chap. vii, p. 639.
-
[178]
Thoreau 2016, p. 70. Pour le rôle des ruines dans l’Inde moderne, voir Le Blanc 2008, in McIntosh-Varjabédian et Prugaud 2008, p. 73-84 ; Vyjayanthy Rao, in Stoler 2013, p. 287-321.
-
[179]
Voir chap. i, p. 88, et chap. ii, p. 108.
-
[180]
Voir introduction, p. 17 et p. 22.
-
[181]
Voir introduction, p. 43.
-
[182]
Le classique ouvrage de Macaulay 1984 (1953) a été le premier à tenter une analyse comparée de la littérature des ruines en Orient comme en Occident, voir p. 1-13. L’ouvrage de Zucker 1968 propose une reconstruction historique de l’idée de ruines en Occident, de la Renaissance à l’époque contemporaine.
-
[183]
Gordillo 2014.
-
[184]
Stoler 2013.
-
[185]
Tiberghien 2015.
-
[186]
Settis 2011, p. 732 ; voir ici même, chap. vi.
-
[187]
Pausanias, IX, 36, 5. Sur ce passage, voir Hartog 2003, p. 172.