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Réseau de coordination et de protection des élections : quel bilan après les municipales de mars 2026 ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Face à la menace croissante d'ingérences numériques étrangères pouvant peser sur les élections en France, le réseau de coordination et de protection des élections (RCPE) a été mis en place le 7 janvier 2026. Un rapport public dresse le bilan de l'action du RCPE lors des élections municipales de mars 2026.

Les opérations d'ingérence numérique étrangère sont désormais un instrument central des rapports de forces contemporains. Ces opérations, conduites par des acteurs étatiques ou non étatiques, visent à porter atteinte notamment au fonctionnement des processus démocratiques.

Les élections étant une cible de choix pour des acteurs étrangers malveillants, le réseau de coordination et de protection des élections (RCPE) a été mis en place le 7 janvier 2026. Un rapport de juin 2026 dresse un bilan du dispositif mis en place notamment pour protéger les élections municipales qui se sont tenues les 15 et 22 mars 2026.

Ingérences numériques étrangères observée durant les municipales de mars 2026

Sur la période de mise en place du RCPE, quatre ingérences numériques étrangères (INE) ont spécifiquement visé les élections municipales de mars 2026 :

  • la première, conduite au moyen des modes opératoires informationnels (MOI) russes CopyCop et Storm-1516, a consisté notamment en l'enregistrement de plus d'une centaine de noms de domaine en ".fr", sans effets significatifs sur l'élection, ou en la diffusion sur Telegram et X de faux reportages usurpant l'identité d'institutions et médias français, avec un risque d'impact faible ;
  • la deuxième, à finalité lucrative, conduite au moyen du MOI Hydras Danbau, formé de plusieurs centaines de sites internet et de page Facebook inauthentiques et impliquant un acteur non étatique basé au Vietnam, a diffusé des contenus polarisants centrés sur l'actualité nationale française et internationale, générés par l'intelligence artificielle (IA) ;
  • la troisième, conduite au moyen du MOI Rokh Solis, formé d'un réseau de sites internet ou de comptes de réseaux sociaux et impliquant un acteur non étatique basé en Israël, a ciblé des candidats du parti La France insoumise (LFI), notamment avec des accusations de viol ou de pédophilie, pour un impact limité ;
  • la quatrième, toujours au moyen du MOI Rokh Solis, a tenté de polariser le débat public numérique autour de thèmes clivants avec deux sites internet :
    • celui du prétendu projet L'Alternative 2026, faisant la promotion d'une démarche politique communautariste en faveur de la population musulmane ;
    • celui d'une prétendue association Renaissance catholique Nationale, faisant la promotion d'une doctrine souverainiste, identitaire, catholique et conservatrice.

Action du RCPE et mesures d'atténuation de la menace

Le RCPE s'est attaché à apprécier le niveau de menace d'ingérence numérique étrangère sur la base des détections de Viginum afin d'éclairer la prise de décision du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

L'outil Vigiscore a permis d'estimer le risque d'impact d'une ingérence étrangère détectée. Les quatre INE détectées durant la campagne électorale des municipales de 2026 ont eu une visibilité limitée.

Les acteurs visés par ces INE (médias, partis, candidats), ainsi que le public, ont systématiquement été informés par le SGDSN de l'existence de ces ingérences visant à les déstabiliser.

Des actions de coopération avec les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne et moteurs de recherche ont été mises en œuvre par les deux membres du RCPE compétents dans ce domaine : l'Arcom et Viginum.